Contrat de travail CDI : comment le rédiger et quelles mentions obligatoires en 2026
Vous recrutez et vous devez rédiger un contrat de travail CDI ? Le contrat à durée indéterminée est la forme normale de la relation de travail en France. C'est aussi celle où le Code du travail laisse le plus de liberté, et donc le plus de place à l'erreur. Une période d'essai mal calculée, une clause de non-concurrence sans contrepartie ou une convention collective oubliée suffisent à fragiliser tout le contrat.
Ce guide vous explique ce que la loi impose, ce qu'elle vous laisse choisir, et comment éviter les pièges les plus fréquents.
Un contrat de travail CDI doit-il obligatoirement être écrit?
Non, pas au sens strict. Selon l'article L1221-1 du Code du travail, le contrat de travail est soumis au droit commun des contrats. Un CDI à temps plein peut donc être conclu oralement, et il reste valable.
Depuis la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023, qui transpose la directive européenne 2019/1152, l'employeur doit toutefois fournir au salarié un ou plusieurs documents écrits reprenant les informations principales de la relation de travail (articles L1221-5-1 et R1221-34 et suivants).
Les délais sont précis :
- dans les 7 jours calendaires suivant l'embauche : identité des parties, lieu de travail, intitulé du poste, date d'embauche, durée et conditions de la période d'essai, éléments de rémunération, durée du travail et conditions des heures supplémentaires ;
- dans le mois suivant l'embauche : droit à la formation, durée des congés payés, procédure applicable en cas de rupture, conventions collectives applicables et organismes de protection sociale.
Deux exceptions à connaître. L'écrit est obligatoire :
- pour le temps partiel (article L3123-6), avec la durée du travail et sa répartition entre les jours de la semaine ou les semaines du mois. À défaut, le contrat est présumé à temps plein ;
- pour le CDD (article L1242-12), qui doit préciser son motif. Sans écrit, il est réputé conclu pour une durée indéterminée.
Les mentions obligatoires du contrat de travail
Le tableau ci-dessous reprend les éléments que votre contrat de travail CDI doit contenir, ou qui doivent au minimum figurer dans le document d'information remis au salarié.
Identité des parties, poste et qualification
Soyez précis sur l'intitulé du poste et la classification conventionnelle, car c'est elle qui détermine le salaire minimum applicable, la durée de la période d'essai et souvent le préavis. Une fiche de poste en annexe évite beaucoup de discussions ultérieures sur ce qui relève ou non des fonctions du salarié.
Lieu de travail et date d'embauche
Indiquer le lieu de travail est une information, pas un engagement figé : sauf clause claire en ce sens, il n'est pas contractualisé. Si vous souhaitez pouvoir muter le salarié, prévoyez une clause de mobilité (voir plus bas). La date d'embauche, elle, fait courir la période d'essai, l'ancienneté et les délais d'information.
Période d'essai : durée et renouvellement
La période d'essai ne se présume pas. Elle doit être expressément prévue dans le contrat ou la lettre d'engagement (article L1221-23). Ses durées maximales sont fixées par l'article L1221-19 :
- 2 mois pour les ouvriers et employés ;
- 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens ;
- 4 mois pour les cadres.
Rémunération et durée du travail
Le salaire doit au minimum atteindre le SMIC ou le minimum conventionnel s'il est plus élevé. Précisez aussi la durée du travail : 35 heures, durée supérieure avec heures supplémentaires structurelles, ou forfait. Un forfait annuel en jours n'est possible que si un accord collectif le prévoit et si le salarié signe une convention individuelle écrite.
Convention collective et congés payés
Identifiez la convention collective applicable par son intitulé et son numéro IDCC. Elle complète le contrat sur de nombreux points : salaires minima, préavis, primes, indemnités. Pour les congés payés, le minimum légal est de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables par an.
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Les clauses utiles à prévoir
Au-delà du minimum légal, certaines clauses protègent l'entreprise. Encore faut-il qu'elles soient valables.
- Clause de non-concurrence. Depuis les arrêts de la Cour de cassation du 10 juillet 2002, elle n'est valable que si elle remplit quatre conditions cumulatives : être indispensable à la protection des intérêts légitimes de l'entreprise, être limitée dans le temps et dans l'espace, tenir compte des spécificités de l'emploi, et prévoir une contrepartie financière. Si une seule condition manque, la clause est nulle.
- Clause de mobilité. Elle doit définir précisément sa zone géographique d'application, et l'employeur ne peut pas l'étendre unilatéralement. Sa mise en œuvre doit être de bonne foi et tenir compte de la situation personnelle et familiale du salarié.
- Clause de confidentialité. Elle interdit au salarié de divulguer certaines informations de l'entreprise, pendant le contrat et après. Elle n'exige pas de contrepartie financière. Si vous l'ajoutez en cours de contrat, passez par un avenant clause de confidentialité.
- Clause d'exclusivité. Elle interdit au salarié d'exercer une autre activité professionnelle. Elle doit être justifiée par la nature de la tâche et proportionnée au but recherché (article L1121-1). Elle ne peut pas être imposée à un salarié à temps partiel, et elle est inopposable pendant un an au salarié qui crée ou reprend une entreprise.
- Télétravail. Il peut être prévu dans le contrat, par accord collectif, par une charte ou par simple accord entre les parties (article L1222-9). L'inscrire dans le contrat fige les modalités : jours télétravaillés, équipement, prise en charge des frais, plages de disponibilité.
CDI ou CDD : lequel choisir ?
Le droit du travail connaît trois grands types de contrats : le CDI, le CDD et le contrat de travail temporaire (intérim). Le CDI est la règle. Les deux autres sont des exceptions, strictement encadrées.
Un CDD ne peut pas servir à pourvoir durablement un emploi lié à l'activité normale et permanente de l'entreprise. Il n'est possible que dans les cas prévus par la loi : remplacement d'un salarié absent, accroissement temporaire d'activité, emploi saisonnier, entre autres. Le motif doit figurer par écrit dans le contrat. S'il manque, ou s'il ne correspond pas à la réalité, le CDD est requalifié en CDI. S'y ajoutent une indemnité de fin de contrat de 10 %, en principe, et des règles de renouvellement et de délai de carence.
Pour remplacer un salarié absent (congé maternité, arrêt maladie, congé parental), LexContract propose deux modèles dédiés : le CDD de remplacement à terme précis et le CDD de remplacement sans terme précis. Ils couvrent uniquement ce motif, et non l'accroissement d'activité ou le travail saisonnier.
Dans tous les autres cas, et dès que le besoin est durable, choisissez le CDI.
Quand signer et remettre le contrat de travail ?
Aucun texte n'impose de signer un CDI à temps plein avant le premier jour. C'est pourtant ce que nous recommandons : un contrat signé avant la prise de poste évite toute contestation sur la période d'essai, qui doit être connue et acceptée dès le début.
Pour le CDD, le contrat doit être transmis au salarié au plus tard dans les deux jours ouvrables suivant l'embauche (article L1242-13). Un retard n'entraîne plus la requalification en CDI, mais il ouvre droit à une indemnité pouvant aller jusqu'à un mois de salaire.
Quel que soit le contrat, l'employeur doit effectuer la déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'URSSAF, au plus tôt 8 jours avant l'embauche et au plus tard avant la prise de poste. Oublier la DPAE expose à une pénalité et peut caractériser le travail dissimulé.
Un contrat prêt avant le premier jour. Répondez au questionnaire, téléchargez votre contrat en Word ou PDF et faites-le signer avant l'arrivée du salarié. Rédiger mon contrat de travail →
Cas particuliers
Employé de maison et garde d'enfant à domicile
Un particulier qui embauche relève de la convention collective des particuliers employeurs et de l'emploi à domicile (IDCC 3239), en vigueur depuis le 1er janvier 2022. Le CESU peut tenir lieu de contrat de travail lorsque l'emploi ne dépasse pas 8 heures par semaine, ou 4 semaines consécutives dans l'année. Au-delà, un contrat écrit est nécessaire. LexContract propose un contrat de travail d'employé de maison et un contrat de garde d'enfant à domicile, adaptés à cette convention.
Embaucher un salarié mineur
Un mineur non émancipé peut signer un contrat de travail à partir de 16 ans, avec l'autorisation de son représentant légal. Entre 14 et 16 ans, seuls des travaux légers pendant les vacances scolaires sont possibles, avec l'accord de l'inspection du travail. Des règles protectrices s'appliquent : 8 heures par jour et 35 heures par semaine au maximum, pas de travail de nuit, travaux dangereux interdits. Le salaire peut être minoré par rapport au SMIC (20 % avant 17 ans, 10 % entre 17 et 18 ans), sauf pour un jeune justifiant de 6 mois de pratique dans la branche. Utilisez notre modèle d'autorisation parentale de travail et conservez-la avec le contrat.
Les erreurs fréquentes des employeurs
- Une période d'essai trop longue. Prévoir 3 mois pour un employé, ou un renouvellement sans accord de branche, rend la clause inopposable pour la partie excédentaire. Une rupture intervenue pendant cette période devient alors un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
- Une clause de non-concurrence sans contrepartie financière. Elle est nulle, et le salarié qui l'a respectée peut réclamer des dommages-intérêts s'il prouve un préjudice.
- Aucune convention collective mentionnée. C'est une information obligatoire, et elle détermine souvent la classification, le salaire minimum et le préavis. L'employeur qui l'ignore s'expose à des rappels de salaire.
- Une clause de mobilité vague. « Sur l'ensemble du territoire, selon les besoins du service » ne suffit pas. Sans zone géographique précise, la clause est nulle et le salarié peut refuser la mutation.
- Pas de preuve de remise des informations. Faites signer le contrat en deux exemplaires, ou conservez une preuve d'envoi.
Faire évoluer le contrat : les avenants
Tout changement d'un élément essentiel du contrat de travail CDI exige l'accord du salarié, formalisé par un avenant. Sont concernés notamment la rémunération, la qualification, la durée du travail et le lieu de travail au-delà du même secteur géographique. Un simple changement des conditions de travail (horaires dans la journée, répartition des tâches conformes à la qualification) relève en revanche du pouvoir de direction.
Nos modèles couvrent les modifications les plus courantes :
- Avenant de rémunération, pour une augmentation, une nouvelle prime ou un changement de structure de salaire ;
- Avenant de durée du travail, pour un passage à temps partiel ou à temps plein ;
- Avenant clause de confidentialité, pour protéger des informations sensibles en cours de contrat.
Si la modification est envisagée pour un motif économique, l'employeur doit suivre la procédure de l'article L1222-6 : proposition par lettre recommandée, et un mois de réflexion laissé au salarié.
Modèle gratuit, modèle Word ou modèle rédigé par un juriste ?
Un modèle de contrat CDI gratuit peut dépanner. Beaucoup circulent en ligne, souvent au format Word. Le problème est rarement ce qu'ils contiennent : c'est ce qu'ils ne contiennent pas, et le fait que leur date de mise à jour est inconnue. Un modèle antérieur à 2023 ignore les nouvelles obligations d'information, et beaucoup affichent encore des durées de période d'essai qui ne sont plus applicables.
Un modèle Word modifiable vous laisse libre, mais aussi seul face aux choix : quelle durée d'essai pour votre catégorie de salarié, faut-il une clause de non-concurrence, comment rédiger la zone de mobilité.
Un modèle rédigé par un juriste vous guide sur ces choix par un questionnaire. Il adapte les clauses à votre situation et reste à jour de la réglementation. Si vous embauchez rarement, c'est souvent la façon la plus sûre de ne rien oublier. Si vous avez un service RH et une trame maison validée par un avocat, vous n'en avez probablement pas besoin.